Les Munitions à Blanc

Les cartouches à blanc :
Utilisées principalement pour simuler les tirs lors des entraînements ces munitions ne produisent qu'une détonation.
La fausse balle de bois creux (bois d'aulne ou de peuplier) ou de papier moulé, se désintégrant totalement à la sortie du canon, nécessite une distance de sécurité de 25m devant l'arme pour éviter les risques de blessure par fragments de bois, et autres brûlures éventuelles.
Avec l'apparition des armes automatiques vers le début du siècle, des munitions à blanc particulières devront être mises au point avec une charge suffisante pour assurer l'automatisme.
Entre 1888 et 1945, pas moins de SIX modèles de cartouches d'infanteries à blanc seront mises en service, identifiables par leur projectile : PP88, PP98 für Gewehr, PP98 für MG, PP27 laquée, PP27 peinte et PP33.

Pour réduire les coûts et économiser le laiton, les étuis présentant des défauts mineurs et rejetés pour un chargement à balle, étaient chargés à blanc. En 1895, la découverte du recuit de collet permit le rechargement à deux reprises des étui : l'étui était récupéré après le tir de sa balle réelle, puis rechargé une première fois à blanc, re-récupéré et rechargé une dernière fois. Toujours pour économiser le cuivre, on essaie d'y substituer l'acier le plus souvent possible. Ainsi durant les périodes 1916/18 et 1939/45, de grandes quantités de cartouches à blanc sont produites avec étui en acier.
Pendant la dernière guerre, l'étui en acier cuivré va lentement céder la place à celui en acier laqué, et le rechargement, cette opération plus onéreuse que la simple fabrication, va être délaissé. On note que certains essais dans les usines se feront avec des lots tests qui n'ont pas d'équivalents en chargement à balle. De même d'autres marquages expérimentaux, rencontrés sur d'autres lots d'essai, pour chargements spéciaux, se retrouveront avec un chargement à blanc, grâce à la récupération tous azimuts des étuis.
La charge de poudre sera changée plusieurs fois : les PI.P.88 avaient 2,55g de poudre noire puis les autres modèles de 0,8g de nitrocellulose de morphologie diverse, comprimée par une bourre en feutre ou en papier.
Jusqu'à 1932, toutes les cartouches avaient une amorce Zdh.88, mais à partir de 1933, on emploie la Zdh 30, non corrosive, qui a partir de 1940 est réalisée en version à coupelle noircie. En 1942, cette amorce devient la ZDH30/40 par utilisation d'une coupelle en acier zingué, parfois vernie avec une laque incolore. Cette Zdh 30/40 devient standard à partir de 1943, les stocks restant de Zdh.88 était toutefois utilisés jusqu'au bout pour faire la " jointure "
Ces amorces développaient toutes des pressions élevées, rendant nécessaire leur sertissage en version à balles.
Avec les cartouches à blanc, les pressions étaient moindres , et on peut ainsi déterminer les cartouches originalement chargées en tant que platzpatrone par l'absence de sertissage des amorces, alors qu'avec une amorce sertie par coups de pointeau, il s'agit obligatoirement d'un rechargement à blanc d'étui tiré.
Une cannelure moletée au 1/3 inférieur de l'étui dénote un rechargement (sorte 1), deux cannelures en indiquent un second. Avant 1895, quand on ne connaissait pas encore le recuit partiel des collets, une cannelure indiquait une cartouche à blanc. On rencontre aussi des PI.P 33 avec amorces noires, rouges, ou simple joint d'amorce rouge, vert ou noir/ il s'agit d'étuis rebuté pour chargement à balles.
Apres 1945, plusieurs pays d'Europe rechargèrent des étuis allemands (y compris en acier laqué).parfois des modèles chargés à balles furent démontés et leur projectile remplacé par une fausse- balles en bois. On rencontre aussi des variantes à collet serti en rosette mais seules les fausses balles teintées en rose ou violacé sont effectivement Allemandes.
En résumé, ces cartouches à blanc allemandes présentent une grande variété de formes, de teintes de matériaux, mais surtout de marquages, puisque par définitions tous les marquages peuvent se retrouver sur ce type de munitions, même quelques marquages d'essai, de validation de matrices ou de petites séries prototypes.

 

 

-Platz 27
la Platz 27 , 27 pour 1927, date de son entrée en service,est véritablement la première cartouche utilisable à la fois dans une mitrailleuse que dans un fusil.
La balle est en papier de couleur rose est soit peinte, soit laquée.
Etant donné qu'il existe 2 modes opératoires pour teinter les ogives, il est considéré qu'il existe 2 variantes :

 


-balle peinte

 


-balle laquée

 

La fragilité et le manque de rigidité de la balle papier entraînèrent de nombreux incidents d'alimentation, qui emmena son remplacement par la Platzpatrone 33.


-Platz 33

cartouche à blanc, dite "PLATZ PATRONE 33,
type standardisé de munition d'exercice remplaçant la platzpatrone 27


La PP33 (platzpatrone33) est , elle , aussi , utilisable aussi bien sur mitrailleuse que sur fusil.
La fausse balle, creuse, existe dans toutes les nuances du rose au violet...

Les cartouches à blanc modèle 33 peuvent être à étui laiton, acier cuivré ou acier laqué.
Les étuis qui ont servis à leur chargement sont majoritairement des étuis de récupération provenant de munitions déclassées, ou ayant déjà été tirées.
A noter que ces Pl.P.33 ont été également fabriquées à partir d'étuis de prise(tchèques, polonais, lituaniens...)et aussi après la guerre en Tchécoslovaquie et RDA

Leur charge est constituée de 0,75 à 1,00 d'une poudre tubulaire de grande vivacité, en petits cylindres gris, dite Nz.Pl.R.P.(1,5x1,5/0,75). Elle est recouverte d'une bourre de déchets de feutre comprimés. L'amorce est une Zdh.30 non-corrosive, à coupelle d'acier noirci à partir de 1939.
En 1942, cette amorce cède progressivement la place à Zdh.30/40, à coupelle d'acier zingué, revétue ou non d'un vernis incolore, mais on utilisera jusqu'à l'épuisement les derniers stocks de Zdh.88 (corrosive, à coupelle de laiton) et Zdh.30. (Les PP33 utilisent 3 types d'amorces : 88 , 88 noircie chimiquement ou 30/40).

En règle générale, l'amorce n'est pas sertie, et ne possède pas de joint de couleur ; toutefois dans les cas d'étuis initialement chargés à balle puis recyclés , il existe une multitude de variantes possibles…. A partir de 1942-43, on recharge tout ce qui traine exemple ci dessous:

Le "G" de ces marquages sont la marque commerciale de "Gustloffwerke Hirtenberg en Autriche" et les chiffres 36, 38 ou 39 à 6 heures sont des chiffres expérimentaux de repères internes à l'usine (et non les années puisque Gustloffwerke Hirtenberger n'existait pas avant 1939). Ces étuis n'auraient pas dut être misent dans le circuit commercial, mais certaines se sont trouvées prises pour les chargements à blanc; c'est ainsi qu'il arrive d'en retrouver dans des paquet s de PP33 au beau millieu de cartouches dont le code est fabriquant est "am" ( le même fabriquant mais avec la codidication militaire Allemande).


Dans le cas de douilles récupérées afin d'être rechargées à blanc , ce chargement est indiqué par la présence d'une strie faisant le tour de l'étui.
Si pas de strie, cartouche jamais rechargée
Si une strie, cartouche rechargé une fois, 2 stries pour 2 rechargements, le maximum étant 3 rechargement, puis les étuis étaient refondus pour la récupération du métal.