La Patrone S (balle pointue légère) 
Lorsque la 1ère Guerre Mondiale éclate, les belligérants ont à leur disposition une gamme de munitions spécialisées, la vieillissante 88 a subit de nombreuses transformations:
Son calibre est passé de 8,08 mm à 8,20 mm, le diamètre du fond de rayure se trouve ainsi augmenté, sa désignation est modifiée:
le 8x57J (J pour infanterie) devient le 8x57JS (JS pour infanterie pointue).

Une étude coproduite par plusieurs ateliers d'armements mena à la l'adoption de la balle S :" S " pour Spitzer (pointue) en 1903.
La balle S à été dessinée par un certain Arthur Gleinich de Königs-Wusterhausen et d'après les archives de la DWM saisies en 1945, la S Patrone à été introduite en Mars1905.

A partir de 1902 des recherches furent menées pour aboutir en 1905 à la mise en service de la cartouche à balle S.

Les plus anciens étuis Spandau connus sont datés Février 1902 et chargés à : ils s'agit d'étuis réalisés durant la phase de développement de la cartouche S, puis rechargé à blanc ultérieurement.

La première cartouche S officiellement mise en service porte le marquage : S 9 03 S

Cette nouvelle munition reposait sur les évolutions suivantes :

1-Une forme d'ogive bi ogivale lui permettant une meilleure forme aérodynamique.

2-Un diamètre d'ogive revu à la hausse qui, dans un canon prévu à cet effet, permet une prise de rayures de 0,2mm au lieu des 0,10mm de la balle 88. Cela permit d'augmenter la pression et donc d'induire une vitesse de sortie du canon supérieure.

3- un étui encore plus renforcé marqué d'un S sur le culot. Les côtes de cet étui va demeurer inchangé pendant 40 ans ( jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale).

L'apparition de cette munition rendue obsolète la vielle cartouche mle 88, entraînant progressivement le recanonage des fusils G88.


La cartouche à balle S présentait plusieurs avantages notables : elle était beaucoup plus légère que la balle 88, (10g pour la S contre 14.70g pour la 88), la quantité de poudre passe de 2.70 grammes dans la 88 à 3.3 grammes dans la S. De plus le diamètre de l'ogive passe de 7.92mm à 8.18mm; La vitesse du projectile passa ainsi de V°25 : 577m/s avec une 88 à V°25 860m/s pour une S dans un canon de 740mm, une vitesse supérieure additionnée à une forme pointue, lui conféra une portée accrue de 30%.
La balle S possède un Noyau en plomb antimonieux à faible teneur en antimoine 5% pour le durcir un peu est d'abord chemisée en cupronickel, puis courant 1915, avec l'utilisation massive des mitrailleuses, un chemisage en Tombac fit son apparition. Il semblerait que la chemise tombac dégradait moins les canons des rames automatiques que la chemise cupronickel.

Remarquons au sujet de la balle S que 2 modèles existent, avec gorge de sertissage et sans : la présence de 4 segments dans le marquage suggère une utilisation pour Mitrailleuse… mais elle était aussi utilisée dans les fusils… donc cela reste un mystère.
Le marquage des Patronen S est aussi un 4 postes, désignant atelier de fabrication, lot (mois), année et nature de l'étui et/ou de l'ogive et le joint d'amorce est noir.
Début 1915 est pris la décision d'économiser le cuivre, ainsi le laiton des étuis va passer de 72 à 67% de cuivre. Afin de rendre aisée l'identification de ces étuis le chiffre 67 est ajouté au marquage du culot.
Dans le cas de l'usine de Dresde, la lettre Z (pour Zink) sera employé pour sa production de mars et
avril 1915.

La balle S possède un Noyau en plomb antimonieux à faible teneur en antimoine 5% pour le durcir un peu est d'abord chemisée en cupronickel, puis courant 1915 un chemisage en Tombac fit son apparition, pour remplacer progressivement le cupronickel courant 1916

A noter aussi qu'à partir de 1916 certains fabricants utilisèrent des étuis en acier cuivré pour réduire les coûts des matériaux stratégiques, dans ce cas, soit un " E " suivi de la date : "E16" "E17" ou "E18" , soit " SE " est présent sur le marquage.

Il existe aussi une variante étui acier cuivré puis noirci, dans ce cas le marquage intègre un "SE"
La production de ce d'étui acier va progressivement monter en puissance comme l'atteste Le doc ci dessous.
LES ENRAYAGES DE MITRAILLEUSES (G.Q.G.)
(traduction d'un document allemand)
Le chef d'état-major de l'armée à l'officier inspecteur des munitions du G.Q.G., auprès du G.A. GALWITZ:

Op., Mun. n° 83908 22 aout 1918
Un groupe d'armées fait connaitre que les troupes se plaignent d'enrayages occasionnés par les
douilles en fer des cartouches d'infanteries.
Les enrayages fréquents doivent étre attribués, en général, à la mauvaise qualité de la graisse, à son
emploi trop abondant et, pour les cartouches restées trop longtemps en magasin, à son durcissement.
Il doit se former, pendant le tir, un mélange de résidus de poudre et de graisse qui durcit lorsque le tir
se prolonge, de telle sorte que la culasse du fusil ne peut plus s'ouvrir ou se fermer sans forcement, et, 
dans les mitrailleuses, l'introduction de la cartouche est incompléte.
Des enrayages se produisent également lorsque la douille présente des déchirures dans les sens de la
longueur.
Prière de communiquer les renseignements recueillis sur ce sujet. Etant donné la nécessité de faire
usage de douilles en fer en quantité toujours croissante, il importe de faire connaitre leurs
défectuosités afin qu'on puisse y porter remède.

Signé: von ELLERTS

L'enlisement du conflit, dans une guerre de tranchée, consomme des quantités toujours plus importantes
de ressources matérielles et humaines ...
La raréfaction des matières stratégiques, telles que le cuivre impose le dévellopement, et l'utilisation
d'ersatz pour la fabrication des étuis, l'usage des munitions à douilles de fer cuivré se généralise dans
les derniers mois de la guerre.
La S Patrone disparaîtra dans les années 30, remplacée par la cartouche à balle sS.

 

S Patrone à éui aluminium
Il s'agit d'un essai de douille aluminium réalisé peut avant ou au tout début du conflit ; son ogive 
est chemisée de cupronickel. Un moyen qui permettrait de désigner à coup sur son arsenal de fabrication
sera d'ôter l'ogive et d'y lire la lettre inscrite dans le plomb de son culot…
Si quelqu'un possède une information…